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Ste. Madelaine Sophie BaratSte. Madelaine Sophie Barat

Sa vie et son oeuvre

Dans la nuit du 12 au 13 décembre 1779, naissait a Joigny, petite ville de France, au sud de Paris, la troisième enfant de M. et Mme. Barat, qui reçut le nom de Madeleine-Louise-Sophie.

 

Son frère Louis, de douze ans plus âgé qu'elle, avait fait de fortes études. Il remarqua l'intélligence de sa petite soeur et décida de s'occuper d'elle. C'est ainsi que Madeleine-Sophie reçut une instruction beaucoup plus poussée que celle que l'on donnait aux petites paysannes francaises de son temps. En plus de l'histoire et de la litératture, des mathématiques et des sciences, elle apprit le grec et le latin, l'italien et l'espagnol. Dieu la préparait ainsi à sa mission d'éducatrice. Elle avait surtout une foi profonde et avait déjà donné son coeur à Dieu: à 13 ans, elle déclara à ses parents qu'elle voulait être religieuse.

 

Elle était attirée par une vie de prière. Mais, très vite, voyant les écoles fermées, elle comprit qu'elle devait s'occuper de l'éducation des filles, pour leur apprendre, avant tout, à connaître Dieu et à l'aimer. Avec trois autres jeunes filles, elle fit sa première consécration au Sacré-Coeur, le 21 Novembre 1800. De ce jour date la fondation de la Société du Sacré-Coeur.

C'est à Amiens, au nord de Paris, que fut ouvert, en 1801, le premier pensionnat, avec une vingtaine d'élèves sans compter celles qui étaient externes et instruites gratuitement.

 

Le 21 Décembre 1802, Madeleine-Sophie était nommée Supérieure, et elle le resta jusqu'à sa mort.

 

Dès 1818, une des Mères, Philippine Duchesne, partait aux Etats-Unis qui étaient à ce moment la à peine développés, pour instruire et convertir les tribus indiennes encore sauvages. C'est elle qui est la première missionnaire de la Société du Sacré-coeur, la seconde religieuse que l'Eglise a déclarée sainte. On la fête le 17 Novembre.

 

De santé délicate, très souvent malade, la Mère Barat n'hésite jamais, cependant, à braver toutes les difficultés et les fatigues des voyages, pour fonder et visiter ses maisons. Elle disait:"Pour une seule âme d'enfant, j'aurais fondé la Société".

 

 Il n'y avait pas d'avions, pas même de chemins de fer. Elle est obligée de voyager en diligences ou en carioles inconfortables. En période de révolutions et de troubles politiques et il y en eut beaucoup il faut se rendre d'une maison à l'autre sous un déguisement… non sans danger.

 

Quand on semble calme à ce point de vue, c'est la maladie qui s'abat sur les maisons: l'épidémie de choléra en atteint plusieurs. A Rome, dans la maison de la Trinité-des-Monts, où la Mère Perdrau avait peint le tableau de "Mater Admirabilis", sept religieuses meurent en moins de huit jours!

 

Elle s'intéresse beaucoup aux études. Elle les veut fortes et solides, car elle pense que les femmes doivent être instruites et cultivées dans tous les domaines.

 

Mais, pour elle, l'éducation des filles ne consiste pas seulement dans l'instruction. Elle veut avant tout leur former la conscience, leur apprendre à bien juger. Il faut aussi fortifier la volonté, leur donner du caractère et équilibrer toute la personnalité.

 

Elle veut leur apprendre surtout le don de soi, le sens familial et social. C'est ainsi qu'elles pourront être des femmes influentes dans leur milieu, capable de tenir leur place dans la société de demain.

 

Tout cela s'acquiert par l'habitude de la discipline, acceptée volontiers, dans une atmosphère de grande amitié. "Les élèves du Sacré-Coeur composent une grande famille". Pour elle, tout devoir doit être fait avec amour. Et c'est vers Dieu qu'elle veut orienter toute la jeunesse, lui qu'elle veut donner pour centre et pour but de leur vie.

 

On ne s'étonnera pas alors de découvrir dans son Coeur de sainte, une charité héroïque, un don de soi total à tous ceux que Dieu met sur sa route, spécialement les petits, les malades, les pauvres.

 

"Les pauvres sont la bénédiction de la maison", dit-elle. Aussi, pour eux, rien ne doit être épargné. Sa charité s'exprime en délicatesse, en attention, en politesse pleine d'égards. Comme le Seigneur, elle donne avec générosité: "Comment! Trop beau pour les pauvres? Je leur donnerais ma peau! " Elle donne le pain du corps, elle donne son affection, elle donne le pain de l'esprit qui est la vérité. Elle pardonne, elle excuse, entourant d'une charité encore plus délicate les personnes qui la font souffrir.

 

Ce don de soi, s'accomplit avec humilité. Loin de tirer gloire de son influence, la Mère Barat s'éfface, arrêtant par un mot d'esprit les compliments qu'on pourrait lui faire . Elle écrit en toute sincérité au soir de ses 80 ans: "J'ai si peu fait dans ma vie!" Et pourtant, elle laissait, le jour de sa mort , 84 pensionnats et 74 écoles primaires. C'etait le 25 Mai 1865, le jour de son entrée au ciel. C'est désormais le jour de sa fête.